Chartres 12th century psaltery

Chartres 12th century psaltery

 

On 2017, April 20th I was asked by "Instrumentarium de Chartres" to go to Chartres to study one of the Psalteries sculpted in the so called Portail Royal (1144).

 

In front of the Cathedral I found a van equipped with an elevator, in order to reach the sculpture to study it easily.

There I discovered that the instrument has 10 courses of strings instead of the  9 previously  declared.

I could measure and observe all the details of this object, then I was asked by "Instrumentarium de Chartres" to build a copy of the Psaltery to be held in the Cathedral permanent exhibition of medieval instruments and to be played occasionally by professional musicians.

My instrument is carved in Poplar and Beech. The two halves glued together, Poplar at the top, beech at the bottom.

The  tuning keys in Iron are placed in the right side of the back. Two straight bridges in Beech are glued over the top.

 

The Psaltery is equipped with Silver strings tuned  from to e'.  The top has been left free from varnish.

The instrument is now kept in the exhibition of instruments of Instrumentarium de Chartres, "sous le parvis de la Cathédrale".

vSalva

Read more...
Congrés du CTHS, Paris 23-27 avril 2018

Congrés du CTHS, Paris 23-27 avril 2018

MUSIQUE ET ASTRONOMIE DANS DES “LIVRES EN PIERRE” AU XII SIECLE

“Livres en pierre” est une denomination donnée de très longtemps aux portails des églises  romanes et gothiques. La doctrine catholique y était très clairement exposée à travers la présentation des scènes bibliques, voilà donc  une effective transmission de connaissances théologiques. Mais d’autres savoirs pouvaient etre tout aussi transmis: histoire, astronomie, musique. Parfois , au moyen d’un language codé, on exposait des connaissances secrètes.

Nous avons étudié trois exemples excéllentes: les portails  des cathédrales de Chartres,  Arles  et Saint Jacques de Compostelle, en mettant en évidence une transmission de connaissances de musique et d’astronomie. On voit que les sculpteurs ont représenté avec le plus grand souci les instruments de musique, leur tenue, les détails de fabrication, les decorations et meme les figures des musiciens, des chanteurs, des anges, leur expression, leur attitude. Le nombre, la position des sujets, les endroits occupés dans la composition, les relations entre les personnages, tous ces eléments donnent indications et suggestions au regard  des études de théorie musicale conduits à l’époque (1143-1188): numérologie musicale à Chartres, intervalles de l’exachorde à Arles, Musica mundana avec références à la cosmologie platonicienne et à l’astronomie et gamme chromatique à Saint Jacques de Compostelle  .

Dans le portail Royal de Chartres plusieurs instruments de musique sont representés. Les deux “Psalterions decacordes” on étés mis bien en evidence, l’un sur les genoux de “la Musique”, l’autre dans la main d’un des veillards de l’Apocalypse, mais pourquoi présentent-ils seulement 9 choeurs ?

Dans l’archivolte de Saint Trophime on voit que les anges sont disposés sur un sorte de pentagramme, la position de leur tetes indiquant les notes musicales, tandis que les chiffres qu’on découvre en analyzant les figures, mises en relation, donnent les fractions correspondantes aux intervalles entre ces notes.

Enfin, dans le portail de Saint Jacques de Compostelle, on voit les 24 veillards de l’Apocalypse qui portent des differents instruments à cordes. Les deux au centre tiennent leur instrument sur les genoux: le premier tourne une manivelle, l’autre actionne des touches. On voit 11 touches dans l’octave, plus le sillet, donc la gamme de l’instrument est certainement chromatique. Mais pourquoi faire un instrument chromatique si l’on n’employait à l’époque que des gammes diatoniques, sourtout dans la musique sacrée? On analyse la structure et les decorations de l’instrument sculpté et on découvre des notions de cosmologie, d’astronomie et de théorie musicale.

Conclusions.

La transmission des savoirs musicales à travers les sculptures des portails des églises était importante, car la Musique (des Sphères), liée à l’Astronomie, était considerée comme un moyen de communication avec Dieu. Quelques détails pouvaient etre compris uniquement par un public savant.

Bibliographie

AAVV, El mensaje simbòlico del imaginario romànico. Aguilar de Campoo, Fundacion santa Maria la Real, 2012

Elena Ferrari Barassi, Testimonianze organologiche nelle fonti teoriche dei secoli X-XIV.  Cremona, Fondazione Claudio Monteverdi, 1983

Boethius Severinus Manlius Torquatus, De institutione musice.

Bruce Eastwood, Ordering the Heavens. Brill, 2007

Dieu Lionel, La Musique dans la sculpture romane en France, Centre de Développement en Art et Culture Médiévale, 2006

 

 

Read more...
CHARTRES 20 AVRIL 2017

CHARTRES 20 AVRIL 2017

Monsieur André Bonjour, de l'Instrumentarium de Chartres, et grace à la Ville de Chartres,  à appelé 6 luthiers pour étudier les sculptures du Portail Ouest de la Cathedral de Chartres, dans le but de mésurer les instruments de musique que sont représentés pour en faire des reconstitutions. Les luthiers: Yves D'Arczisas, Florian Jugneau, Olivier Pont, Christian Rault, Jeff Barbe et Giuseppe Severini, le 20 avril 2017. Le beau temps nous a permis de passer toute la journée en observant et en mésurant et photographant les precieuses sculptures di 1144 ! Il n'y a que le contact directe avec ces sculptures pour  connaitre les detailles et les dimensions réelles et les proportions éxactes. J'ai étudié les deux psalterions, celui de la Musique et l'autre, dans le Portail Royal, à gauche. Est étonnant comment les pierres ont résisté aux siècles!

https://www.youtube.com/watch?v=VnhmL8RQxnA

http://www.instrumentariumdechartres.fr/prochaines-manifestations/les-dernieres-nouvelles.php

 

 

 

Read more...
PSALTERIONS  DU PORTAIL ROYAL (1144) DE LA CATHEDRALE DE NOTRE DAME DE CHARTRES

PSALTERIONS DU PORTAIL ROYAL (1144) DE LA CATHEDRALE DE NOTRE DAME DE CHARTRES

Dans le portail Sud de la Cathédrale de Chartres, dit Royal, il y a quatre représentations de Psaltérions.

Le premier instrument, très abimé, présente 5 cordes sur deux chevalets presque parallèles.

Le deuxième psaltérion a dix cordes, les angles entre les chevalets et les cordes de 72°

Les deux psaltérions les plus en évidence, celui du premier Vieillard de l’Apocalypse et celui de la Musique, partagent la même structure :  neuf chœurs forment avec les chevalets un trapèze régulier, les angles à la base sont de 72° [1].

Le premier psaltérion a un dixième chœur, bien caché sous le manteau du Vieillard, invisible  par le bas. 

L’autre  à neuf chœurs, bien qu’il y aurait toute la place pour y mettre un dixième. 

(Photos des instruments : www.instrumentariumdechartres.fr )

Dans les textes contemporains on utilise fréquemment la dénomination Psalterium decachordum, tirée de l’Ancien Testament, Psaume 32. Saint Jerome (Epistula ad Dardanum) affirme que l’adjectif decachordum fait allusion à la loi morale : le Decalogue. On se demande pourquoi représenter avec neuf cordes des instruments qui habituellement en avaient dix en les mettant en plus en grande évidence dans les mains du premier Vieillard de l’Apocalypse et dans l’allégorie de la Musique représentée parmi les Arts Liberaux.  Pour répondre à cette question on doit considérer les différentes points de vue du public médiéval. Les visiteurs illettrés voient les instruments et pensent à la Musique céleste. Les musiciens illettrés reconnaissent les instruments et comptent les cordes : ils pensent à un erreur ou à une nouveauté dans la musique. Les visiteurs cultivés dans les Arts Libéraux savent que le Neuf peut avoir différentes significations.  La vision catholique orthodoxe, qui suive Isidore de Séville, considérait le Neuf imparfait comparé au Dix (Liber numerorum qui in sanctis scripturis occurrunt 10.52.PL 83 : 190). Pythagore, qui siège tout près, avait consacré la perfection du Dix dans la Tetraktys. En ce cas le neuf cordes feraient allusion à l’imperfection de notre connaissance musicale, soulignée par Musica enchiriadis (XIX,10-12) et Micrologus (XIV, 16-19). En suivant plutôt la tradition musicale ancienne, le Neuf, dans le rapport fondamentale 9/8 est considéré  « omnium musicorum sonorum mensura communis » (Boethius, De arithmetica 2,54, CCL 94 A :224) Le rapport 9/8 est associé à la cosmologie mathématique du Timée, transmise par Cicero, Macrobius et Calcidius.  Marcianus Capella affirme que le Neuf « harmoniae ultima pars est » (De nuptiis Philologiae et Mercurii 7.741). Au XII siècle Magister Johannes de Séville dans son  Liber Alchorismi de pratica aritmetice, traduction du livre perdu de Muhammad ibn Musa al-Kwarizmi, présente la numération indienne. Il explique que « constat ergo unumquemque limitem 9 numeros continere », il rappelle que neuf sont les sphères célestes et neuf les chœurs angéliques [2]. Guillaume de Conches dans son œuvre  Philosophia ne donne aucune importance au Dix, alors que neuf sont les cercles invisibles du ciel (Liber II, V, 13) et neuf les mois de la gestation humaine (Liber IV, XIV,22-23). Enfin, le visiteur le plus génial pourrait observer que le rapport entre la première et la dernière corde (cachée ou virtuelle) est de 3/2, la Quinte juste, le rapport  harmonique fondamental dans la théorie musicale pythagoricienne. Ainsi, l’homme savant pouvait interpréter les neuf chœurs des psaltérions comme symbole du fondement de la science harmonique et dans le même temps de l’imperfection de notre connaissance.

 NOTES

[1] Les psaltérions postérieures, par exemple celui sculpté sur le portail sud, XIII siècle,  de la même cathédrale sont essentiellement des triangles isocèles avec les angles à la base de 45°, ce que permet à 15 cordes de se rapprocher au plus près des mesures théoriques de la gamme diatonique. Voir :  OLIVIER FERAUD (2015), Lecture croisée du monochorde et du psaltérion à travers leur reconstitution. En : L’Instrumentarium du Moyen Age. La restitution du son. Sous la direction de Welleda Muller. Paris, l’Harmattan.

[2] KURT LAMPE (2006), A twefth-century text on the number nine and divine creation : a new interpretation of boethian cosmology? en : PIMS, gen.2006.

 

 

Salva

Read more...
Subscribe to this RSS feed